Comparatif mixeurs individuels Behringer – Midas

Démos trucs et astuces

studio-la-boite-a-meuh-behringer-powerplay-p16-mComparatif mixeurs individuels Behringer – Midas

Les mixeurs individuels servent à gérer l’écoute du musicien en enregistrement ou en concert avec casque ou IEM (In Ear Monitor).
En studio ils libèrent l’ingénieur du son et font gagner du temps pendant les réglages.
Ils libèrent également les musiciens qui peuvent ajuster leur mix d’écoute quand bon leur semble sans déranger l’ingé son.

Behringer/Midas propose trois modèles :

studio-la-boite-a-meuh-behringer-P24Ces trois appareils fonctionnent différemment et sur des réseaux différents.
Le studio a eu les trois et a donc un avis sur leur utilisation ce qui nous permet de vous proposer ce comparatif mixeurs individuels Behringer – Midas.
Les liens en gras sur chacun des modèles ouvrent la publication qui leur a été consacrée à leur arrivée.

Le studio possède des P16-M, pas des P16-HQ.
Même si leur look diffère, ils sont identiques dans leur fonctionnement et sont interchangeables.

studio-la-boite-a-meuh-midas-dp48Monitoring musicien

La qualité et le confort d’écoute pendant l’enregistrement est un paramètre important de la prise de son et le studio y est très attentif.
Ce paramètre ne repose pas que sur des critères de qualité sonore du matériel d’écoute mais aussi sur des critères d’ergonomie et de facilité de prise en main.

La première méthode de gestion de l’écoute consistait à faire le réglage du mix d’écoute dans la console en régie et à l’envoyer au musicien avec un ampli casque à travers le multipaire analogique.
Il fallait un auxiliaire par musicien, s’il n’y en avait pas assez, plusieurs musiciens partageaient le même mix.
Chaque fois que le musicien voulait changer l’équilibre dans son casque, il devaitt le demander à l’ingénieur du son.
C’était donc compliqué de le faire pendant la prise.

L’étape suivante a consisté à envoyer des pistes à des petites consoles analogiques individuelles.
Il fallait acheminer des multipaires analogiques à chaque console.
Les systèmes étaient très chers et l’infrastructure en câblage conséquente, surtout si le studio avait plusieurs cabines.

Puis est arrivée la numérisation, ce qui a simplifié l’acheminement des canaux audio aux différents points et a permi de proposer des boîtiers abordables.
Mais encore fallait-il que leur ergonomie les rendent facile d’utilisation pour des musiciens qui ne sont pas ingénieurs du son.

Qualité audio

Drew Brashler, dans la vidéo ci-dessous (compte rendu écris ici) a effectué des mesures et trouvé que le P16-M avait un bruit de fond 12 dB plus élevé que son successeur le P16-HQ mais aussi un niveau de sortie casque légèrement plus élevé (+ 2dB).
Les P16-HQ et P24 ont les mêmes circuits audio et les mêms convertisseurs, ils affichent les mêmes mesures ou des mesures très proches.

Drew Brashler constate que les taux de distortion des différents modèles, s’ils ne sont pas identiques, n’interviennent qu’à partir de niveaux de sortie dangereux pour l’audition.

Au studio, dans les conditions du monitoring musicien, nous n’avons pas constaté de différences audio significative entre les modèles.
Le bruit de fond propre des mixeurs est probablement inférieur à celui de toutes les pistes envoyées dedans.
Le bruit de fond, qu’il proviennent du mixeur ou des préamplis a toujours été marginal par rapport au son utile et n’a jamais perturbé qui que ce soit pendant les prises.

Le niveau de sortie des prises casques est suffisant pour les casques du studio qui sont des casques fermés :

  • Audiotechnica ATM 50 ou 50x (38 Ω)
  • Sennheiser HD25 pro (70 Ω)
  • Sennheiser HD 280 pro (64 Ω)
  • Sennheiser HD 380 Pro (54 Ω)
  • Sony MDR 7506 (63 Ω).

Il est d’autant plus suffisant pour les IEM.

On a vu qu’à un niveau normal d’utilisation il n’y avait pas de problème de distortion.
La différence de niveau de sortie entre les modèles joue peu car elle est faible et ils ont tous un niveau de sortie suffisamment puissant.

Les différences de qualité audio entre ces modèles et probablement avec des modèles d’autres marques ne sont pas à notre avis un critère de choix déterminant; ils font tous l’affaire.
Le choix se fera sur l’ergonomie, la facilité de prise en main, le réseau numérique qu’ils utilisent ainsi que son intégration dans l’environnement du studio et bien sûr le prix.

Ergonomie et fonctions

Les différences sont considrables entre les modèles.

Nombre de pistes

P16 : 16 pistes mono, on peut grouper les pistes impaires avec paires : 1-2 3-4 etc

P24 : 12 pistes mono ou double mono ou stéréo + une piste stéréo ambiance avec les deux micros intégrés dans le boîtier + talkback.

DP48 : 2×12 groupes stéréo parmi 48 canaux reçus, le boîtier gère deux mix différents.
Chaque groupe fonctionne comme un départ auxiliaire stéréo dans lequel on affecte autant de canaux que l’on veut.
On règle pour chaque canal le niveau et le panoramiques envoyés dans le groupe.

Réverbe, compression, égalisation

P16 : Un limiteur sur le master, pas de réverbe, Eq 3 bandes (grave, aigu, semi-paramétrique medium) sur chaque piste et sur le master

P24: un limiteur sur le master.
une reverbe activable sur chaque piste, le niveau d’envoi et le même pour toutes les pistes où la réverbe est activée.
Les paramètres de la réverbe ne sont pas réglables.
Eq tilt sur chacun des 13 canaux et sur le master

DP48 : un limiteur sur le master, un compresseur par groupe.
Réverbe réglable sur tous les groupes.
Les paramètres de la réverbe sont réglables.
EQ 3 bandes à fréquence réglable (shelves grave et aigu, semi-paramétrique medium) sur tous les groupes.

Mémorisation

Le P16 mémorise l’état du mixeur, jusqu’à 16 réglages peuvent être mémorisés.

Le P24 a des faders non motorisés, il n’y a pas la possibilité de mémoriser un réglage.
La console reste dans l’état, on peut rappeler le réglage d’usine des pistes.

Le DP48 sauvegarde son routing et ses réglages.

Commentaires
DP48

Le DP48 est clairement le plus complet mais son utilisation rebutera tous les musiciens qui ne sont pas familiers des consoles numériques.
Son utilisation nécessite d’abord de le configurer pour affecter les canaux utilisés dans les 12 groupes parmi les 48 canaux reçus.
C’est un peu fastidieux surtout s’il faut répéter l’opération pour tous les boîtiers de la session.
C’est une opération à effectuer sur le boîtier, on ne peut pas le faire à distance (de la régie).

Quand on accueille des musiciens inexpérimentés ou peu familiers du numérique en enregistrement, c’est trop compliqué de leur laisser gérer leur mix avec ce type de matériel.
En revanche pour un groupe sur scène qui tourne un peu, a son matériel et utilise des IEM cela peut avoir de l’intérêt.
L’ingé son du groupe configure et règle les boîtiers à l’avance, les musiciens ajustent les niveaux si besoin pendant le concert.
Chaque boîtier a deux micros d’ambiance qu’il peut mélanger avec son mix.

P16

Le P16 est facile à prendre en main, même pour des novices.
Il est limité par son nombre de canaux (16)
Sachant qu’on en garde généralement 4 : 2 pour le playback stéréo, 1 pour le talkback et 1 pour le clic, ça en laisse 12 d’utilisables.
12 canaux laissent quand-même pas mal de possibilités, une formation rock/pop classique tient largement, exemple :

  • 1 grosse caisse
  • 2 caisse claire
  • 3 OH L
  • 4 OH R
  • 5 basse
  • 6 guitare 1
  • 7 guitare 2
  • 8 clavier 1
  • 9 clavier 2
  • 10 instrument additionnel
  • 11 chant,
  • 12 reverb chant

On peut optimiser en envoyant des groupes avec plusieurs instruments dans chacun de ces 12 canaux.

Le P16-M a été très apprécié par les musiciens du studio quand on a commencé à l’utiliser.
C’est comme ça qu’on a fini par en avoir 13.

Le P24 rencontre encore plus de succès.

P24

Le P24 est le plus pratique d’utilisation et peut recevoir jusqu’à 24 canaux selon la configuration de ses pistes.
Le mix est immédiatement lisible avec la position des faders.
La réverbe interne, bien que succincte économise l’utilisation d’une piste.

Il bénéficie de fonctions avancées s’il est utilisé avec une console Behringer Wing ainsi que son hub :

  • circuit de talkbak entre tous les boîtiers P24 et la console de régie
  • configuration automatique du canal entre mono, double mono et stéréo
  • affichage du nom de la piste sur le petit écran quand elle est sélectionnée

S’il n’est pas utilisé avec une Wing, il faudra configurer manuellement chaque canal entre mono, double mono et stéréo; ça va vite.

En double mono, la piste reçoit deux canaux mono. La molette au lieu de régler le panoramique, règle la balance de niveau entre les deux canaux.

Comme le DP48, il bénéficie de 2 micros d’ambiance qu’il peut mélanger avec le mix grâce au fader dédié (le 13e, noir à la fin).

L’eq tilt sur chaque canal est une bonne idée.
Peu de musiciens égalisent les pistes à l’écoute et les eq semi-paramétriques sont souvent trop compliqués à régler pour eux.
L’eq tilt est efficace, un seul bouton pour favoriser les graves ou les aigus, c’est suffisant.

Le système d’accroche au pied de micro est très astucieux, il se clipse d’un geste simple sur la partie fine d’un pied de micro K&M (pas sûr que ça aille sur d’autres).
On peut aussi lui monter le système d’accroche du P16, le P16 MB.

Le point en retrait par rapport aux autres est l’absence de mémorisation.
Mais cela ne joue que pour les groupes qui utilisent le boîtier en concert et qui voudraient rappeler leurs réglages.
Il leur faudra mettre des marques entre les faders avec du scotch papier.

studio-la-boite-a-meuh-comparatif dp48-p16m-P24-caracteristiques

Réseaux

Chaque boîtier utilise un réseau numérique de format différent :

  • Ultranet pour le P16 en RJ45
  • StageConnect pour le P24 en XLR
  • AES50 pour le DP48 en RJ45

Chaque boîtier peut utiliser un hub dédié qui ouvre aussi quelques possibilités, détail plus bas.

Ultranet

Format en RJ45 développé par Behringer dans les consoles X32, X Air, X18 et leurs équivalents Midas.
16 canaux choisis dans la console parmi les sorties directes de pistes et les bus.
La prise est un RJ45 simple (pas ethercon).

Unidirectionnel, 24 bits en 44,1 kHz ou 48 kHz.

L’Ultranet n’est pas présent sur les consoles Wing.

StageConnect

Format en XLR développé par Behringer sur la console Wing.
Bidirectionnel de 32 canaux au total en 24 bits 44,1 ou 48 kHz.
Dans une même connexion, on peut panacher les in et out jusqu’à 32 canaux.

Plusieurs interfaces ont été développés pour ce format Sous les marques Midas, Klark-Teknik ou Behringer .
Voici la liste des appareils ayant une connection StageConnect :

  • Tous les modèles de Wing
  • Midas / Klark-Teknik DN4816-O ou sa version Behringer SC-16-O : 16 out + Ultranet
  • Midas / Klark-Teknik DN4816-I ou sa version Behringer SC-16-I : 16 in +ultranet
  • Midas / Klark-Teknik 4888 ou sa version Behringer SC-88 : 8 in / 8 out + Ultranet
  • Behringer SC-U, Pont entre StageConnect, Ultranet et USB
  • Behringer P24 et P24 Hub
  • Behringer Flow 4V et 4VIO, préamplis Midas
  • MIDAS Hub, hub AES50

Le Câble XLR utilisé pour le StageConnect est en numérique, donc un câble en 110 Ohms (un câble DMX ou AES).
Cela fonctionne avec du câble de micro mais les longueurs permises seront inférieures.
Une quarantaine de mètres pour un XLR numérique.

AES50

studio-la-boite-a-meuh-behringer-powerplay-p16-d-devantConnexions en RJ45 ethercon, protocole de communication utilisé par Midas pour ses consoles numériques pro puis pour les consoles Behringer.
48 in et 48 out en 44,1 ou 48 kHz, 24 in et 24 out en 96 kHz.

C’est un protocole point à point qui n’utilise pas de buffers et dont la latence est extrêmement réduite.
Il est plus conçu pour amener des signaux audio d’un appareil à un autre plutôt que comme réseau distribuant des signaux sur un ensemble d’appareils.

studio-la-boite-a-meuh-behringer-powerplay-p16iHubs P16-D et P16-i

Destinés au P16.
Le P16-D distribue une sortie Ultranet (RJ45) vers 8 prises RJ45.
Chaque prise est PoE (Power on Ethernet), elle alimente directement le boîtier.

Le P16-i est un convertisseur 16 canaux analogiques vers Ultranet ou 16 canaux ADAT vers Ultranet.
Sorties Ultranet PoE

studio-la-boite-a-meuh-behringer-powerplay-p16i-entreesP24 Hub

Convertit plusieurs formats vers le StageConnect.
4 sorties StageConnect PoE, chaque sortie accepte deux boîtiers P24.
Les formats d’entrée sont Ultranet, AES50, StageConnect.

Récupère aussi les mix stéréo des 8 P24 branchés dessus; ils sont disponibles sur des sorties jack.
Cela permet par exemple de brancher dessus des émetteurs HF pour IEM ce qui évite de les brancher sur le boîtier P24.
studio-la-boite-a-meuh-behringer-P24-HubAinsi, en tournée on peut avoir le hub en rack avec les émetteurs HF IEM

Hub Midas

Distribue le StageConnect ou l’AES50 vers 4 boîtiers DP48 en PoE (AES50).
Dispose aussi des 8 mix stéreo des DP48 (chaque DP48 gère 2 mix)  sur des sorties, 6 mix en jacks, 2 en XLR.

midas-hub4 studio-la-boite-a-meuh-behringer-P24-Hub
comparatif dp48-p16m-P24-hubs
Commentaires réseaux et hubs

Les hubs sont une part importante de la mise en oeuvre des boîtiers de mixage car ils intègrent ces boîtiers dans votre environnement.
Ils sont tous PoE ce qui facilite l’installation puisqu’il n’y a pas d’alimentation à tirer.
L’utilisation de Hub nous parraît indispensable.

Les deux réseaux RJ45 tirés au studio peuvent être utilisés soit en Ultranet soit en AES50.

Le hub P24 permet d’utiliser le P24 via Ultranet mais il y a certaines limitations :

  • Le P24 ne gère alors que 16 pistes réparties sur les 8 premiers canaux en mono et les 4 derniers en stéréo ou double mono.
    Il faut bien gérer ses affectations de pistes pour attribuer les stéréos ou double mono à la fin.
  • Pas de détection automatique de la configuration de chaque canal entre mono, dual et stéréo; il faut les configurer manuellement.
  • Le nom de chaque canal ne s’affiche pas.
  • Le talkback ne fonctionne qu’entre les boîtiers sur le même hub mais pas avec la console.

Tout cela limite l’intérêt du P24 utilisé dans ces conditions, peut-être vaudra-t-il mieux opter pour le P16 si on utilise l’Ultranet.

Il faut bien réfléchir à la configuration de ses réseaux en fonction de la console utilisée et à son utilisation avant d’opter pour un boîtier.

Le studio accueille des formations nombreuses en enregistrement live ce qui nécessite de pouvoir gérer beaucoup de mix différents avec beaucoup d’instruments.
Cela justifie de nombreux boîtiers pouvant recevoir beaucoup de pistes et plusieurs réseaux.
Si vous n’accueillez que peu de musiciens, ce n’est pas la peine de rechercher le système qui offre le plus de possibilités.

Prix

C’est évidemment un élément déterminant.

Il faut bien prendre en compte l’ensemble des moyens à mettre en oeuvre.
Il y aura bien sûr le ou les boîtiers mais ils auront autour d’eux du câblage, un ou plusieurs hub et probablement une console.

Voici les prix constatés en juillet 2026 pour tous les appareils cités:

comparatif dp48-p16m-P24-prix

Il semblerait que le Midas DP48 et son hub aient eu un certain succès, notamment pour des groupes en tournée avec IEM.
Néanmoins le prix a beaucoup baissé par rapport à son arrivée sur le marché.

Conclusion

Dans ce comparatif mixeurs individuels Behringer, aucun n’est mauvais.
En fonction de l’utilisation qu’on en aura, certains seront plus adaptés que d’autres.

Le DP48 et son hub sont les plus chers des trois.
Le P16-HQ avec Hub sont les moins chers

Les DP48 sont les plus compliqués à prendre en main, les P24 les plus faciles et conviviaux.

On distinguera deux champs d’utilisation : le studio ou les concerts.
En concert, ces mixeurs sont bien plus pratiques et fiables que les applications sur tablette ou téléphone.
La récupération des mix des DP48 et des P24 sur leur hubs respectifs pour brancher des émetteurs HF IEM, les rendent particulièrement adaptés à cette utilisation.

En studio, il faut déterminer s’il s’agira d’une utilisation personnelle ou si on accueillera tout type de musicien dont des inexpérimentés; si on enregistrera peu d’instruments en même temps ou de grands ensembles.

behringer-scuNous déconseillons l’utilisation du DP48 pour accueillir en studio des musiciens peu familiers de ces appareils .
Le studio a revendu les siens, les trouvant peu adaptés à son contexte d’utilisation.

Le P16-HQ suffira dans de très nombreux cas.

Notre préférence dans le cadre de notre utilisation va au P24.
Pour être utilisé au maximum de ses capacités, il nécessite une console Behringer Wing.
Il fonctionnera malgré tout avec une X32 (avec le hub P24).

behringer-scuLe choix du boîtier dépend du réseau et donc en partie de la console.
En partie car il existe certaines solutions pour convertir les réseaux entre-eux.

Le studio possède une Behringer X32 Core (il faudrait maintenant utiliser une Midas M32C) qui peut transformer un AES50 en Ultranet ou ADAT( pour le P16-i).

Behringer a sorti un petit boîtier, le SC-U qui est un pont entre l’USB, le StageConnect et l’Ultranet.
Branché en USB sur un ordinateur, il peut envoyer des canaux vers tout équipement recevant ces réseaux donc des P24 ou des P16-HQ.
Le SC-U ne coûte que 120€

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