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Atténuateur de puissance et loadbox pour ampli guitare ou basse, Rivera RockCrusher.
Pourquoi un atténuateur de puissance ?
Cet appareil se destine aux amplis guitare ou basse à lampes, particulièrement à ceux qui n’ont pas de bouton master.
De fait, sans master, celui-ci est donc à fond.
Lorsqu’on monte le bouton de gain pour obtenir le grain sonore désiré, on peut atteindre avec certains amplis, un niveau sonore considérable qui en plus d’être difficilement supportable, n’est pas forcément compatible avec ce qui se passe autour.
Les Marshall (et nombre d’amplis) jusqu’au milieu des années 70′ n’avaient pas de master volume, celui-ci apparaît en 1976 sur le 2203 (100W) et le 2204 (50W), baptisés JCM800 à partir de 1981.
La fameuse distortion Marshall s’obtenait donc au prix d’un niveau sonore considérable voire insoutenable.
Certains amplis Fender, ont une course de gain qui passe trop vite d’un son « plat » à niveau raisonnable au son chaleureux souhaité mais avec un niveau de cheval (selon l’expression consacrée).
Il fallait donc trouver, pour préserver les oreilles et l’entente avec les autres musiciens, un moyen de baisser la puissance sonore tout en préservant la couleur sonore que donnent les lampes en travaillant à un certain niveau.
C’est la fonction d’un atténuateur de puissance et de ce Rivera RockCrusher.
Les situations d’utilisation vont de la pratique individuelle à la maison, à la scène en passant par la répétition en groupe ou l’enregistrement.
Principe de fonctionnement
La solution retenue consiste à absorber la puissance émise en sortie d’ampli dans un dispositif n’émettant pas de son et ne laissant passer que le niveau désiré vers le haut-parleur.
C’est un jeu de résistances de puissance qui va convertir l’énergie reçue en chaleur.
Plusieurs résistances viennent s’ajouter pour atteindre le niveau d’atténuation souhaité.
L’appareil est donc passif, il n’est pas alimenté électriquement et s’insère entre la sortie haut-parleur de l’ampli et le baffle.
Deux paramètres sont à prendre en compte : la puissance de l’ampli et son impédance de sortie.
Il faut un atténuateur capable d’accepter la puissance que délivre l’ampli sous peine de griller l’atténuateur puis l’ampli.
L’impédance de l’appareil doit être compatible avec celle de la sortie d’ampli et celle du baffle.
Impédance de sortie des amplis à lampes
Ces articles sur Audiofanzine et Reverb font le tour du sujet sur l’impédance et les amplis guitare et basse et expliquent les différentes notions à connaître.
Sur un ampli dont la partie puissance est à lampes, l’impédance du baffle influe sur le fonctionnement des lampes.
Les lampes de sortie sont reliées au baffle à travers un transformateur qui adapte la haute impédance des lampes à la basse impédance du baffle.
Le transfo a une sortie différente par possibilité d’impédance de baffle.
Certains n’ont qu’une impédance, généralement 8 Ω, d’autres ont le choix entre 4, 8 ou 16 Ω.
Si on ne branche pas de baffle, le transfo voit une impédance infinie et va vouloir tirer une quantité infinie de courant.
Faire fonctionner l’ampli sans baffle peut griller le transfo !
Pour respecter le fonctionnement de l’ampli, l’atténuateur de puissance doit proposer la même impédance que la sortie d’ampli et le baffle entre lesquels il est branché.
Charge réactive
Comme on l’a vu, un baffle a une impédance qu’on s’exprime en Ohms, unité de mesure de la résistance au courant électrique.
Mais le fonctionnement électrique d’un haut-parleur ne se limite pas à sa seule charge résistive.
Un haut-parleur est constitué d’une bobine mobile autour d’un aimant, cette bobine est une charge inductive (voir la vidéo plus bas).
Elle génère un champ magnétique lorsqu’on envoie du courant dedans .
Ce fonctionnement inductif interagit avec l’ampli et ses lampes de puissance à travers le transformateur de sortie.
Pour simuler correctement le fonctionnement d’un haut-parleur branché sur un ampli à lampes, il ne faut pas seulement prendre en compte sa résistance mais aussi sa réaction inductive.
Certains fabriquants émulent le fonctionnement complet d’un haut-parleur et de sa charge inductive sous le nom de charge réactive (reactive load en anglais).
C’est le cas du Rivera RockCrusher.
Loadbox
L’appareil fonctionne aussi en loadbox, sans haut-parleur branché dessus.
Le signal de sortie de l’ampli est disponible sur la sortie line du RockCrusher.
On peut alors passer à travers un simulateur de HP ou égaliser le signal pour reproduire le fonctionnement d’un haut-parleur.
Loadbox signifie littéralement boîte de charge.
Comme on l’a vue plus haut, il faut une charge pour que l’ampli à lampes fonctionne correctement.
Rivera
Rivera est une marque d’amplis guitare américaine fondée par Paul Rivera en 1985 à Hollywood en Californie.
Paul Rivera a participé avec quelques autres (Mike Soldano, Reinhold Bogner) au développement du marché des amplis « boutique » aux USA.
Il s’est d’abord fait connaître en modifiant des amplis à New York à la fin des années 1960.
Paul Rivera émigre à Hollywood en 1975 , crée Rivera R&D en 1976 et développe du matériel pour des groupes ou des musiciens comme Toto, Van Halen, Lee Ritenour etc.
Il est recruté en 1980 par Fender où ses modifications intègrent de nouveaux modèles de la marque (Super Champ, Concert) puis quitte Fender pour créer sa marque.
Les productions sont fabriquées à la main aux USA.
Paul Rivera est un des pionniers des atténuateurs pour ampli guitare avec son Super Sink fabriqué en 1979.
Caractéristiques du RockCrusher
Page constructeur ici, manuel ici.
- Atténuateur de puissance et loadbox (remplace complètement le baffle pour un fonctionnement silencieux).
- Puissance max 120W
- impédance 8 ou 16 Ohms
- Sortie line en jack (asymétrique) et XLR avec réglage de niveau, pas de simulation de HP.
- Egalisation : le bouton Edge ajoute des aigus et Warm du grave.
- Atténuation par pas : 3, 8, 12, 16, 20 dB puis progressive jusqu’au niveau minimum (pas de son) sur la position studio.
- Charge réactive, simule le comportement d’un haut-parleur pour l’ampli (inductance).
- Poids : 3,63kg
Composants surdimensionnés pour encaisser la puissance et la chaleur dégagée.
Construit comme un tank avec de larges aérations dessus et dessous pour ventiler et évacuer la chaleur.
Il existe une version studio qui intégre un égaliseur graphique pour reproduire le son d’un HP sur la sortie line.
Rivera fournit des réglages simulant plusieurs modèles de HP qu’on trouve dans les amplis guitare.
Ce sont des simulations entièrement analogiques.
Amplis à lampe du studio
Le Rivera RockCrusher peut être utile même pour un ampli à lampes équipé d’un master volume.
Le « sweet spot », réglage où l’ampli sonne le mieux en fonction des harmoniques générées par les lampes peut se trouver à un niveau sonore élevé.
Combos
- Koch Studiotone (20w tout lampe classe A)
- Marshall Class 5 (5W tout lampe classe A) on doit pouvoir se passer d’un atténuateur à cette puissance
- Fender 65 Twin Reverb, pas de master
- Fender Blues Deluxe USA (lampe 40W) upgradé, un canal sans master, canal drive avec.
- Fender Blues Junior (lampe, 15W), master
- Clone Fender 64 Custom Princeton Reverb (Shark Amps), pas de master
- Vox AC10 boutique (10W lampe), fabriqué par Antoine Requena (Amplis Shark Amps), master
Têtes
- Tête Carlsbro TC100 (100W lampes début 70′), pas de master
- Marshall JCM 800 (100W 1981 modèle 2203), master
- Marshall Plexi 18w boutique, pas de master
- Peavey 5150 mark I (EVH) passée en 50W, master
- Laney GH100L (tout lampe 100w, UK), master
- Vox AC15 boutique par Shark Amps, master
- Vox AC30 CCH (30W tout lampe), master
- Orange OR15 (15/7w tout lampe classe A), master
Vidéos
- Paul rivera sr décrit le RockCrusher
- Test avec un Marshall Super Lead de 1972
- Ecoute d’atténuation avec compensation de niveau
- Comparaison de 4 atténuateurs
- Test du RockCrusher par Sweetwater
- Explication des inducteurs (français)
- descriptif du haut-parleur